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Les enseignants apprennent l’art de la médiation


Ecrit le 8 juin 2017 par la province Sud
Les enseignants apprennent l’art de la médiation
Une cinquantaine d’enseignants et de directeurs d’école suivent, sur le temps des vacances scolaires, une formation à la médiation et à la gestion de conflit soutenue par la Direction de l’Education. L’objectif ? Former des enseignants qui formeront ensuite des élèves médiateurs au sein des établissements scolaires de la province Sud.

Ecouter, mettre des mots sur ce qui dérange, ne pas avoir peur des autres, s’exprimer dans le respect, prendre en considération les sentiments et les émotions… « La médiation n’est pas quelque chose de naturel, tous ces gestes s’apprennent », explique Laurène Cassagne, formatrice en médiation scolaire et gestion des conflits depuis plus de 10 ans.  C’est pourquoi, une cinquantaine d’enseignants et de directeurs d’écoles de la province Sud, ont choisi de suivre une formation pilote de la Direction de l’Education (DES) destinée à apporter communication et bienveillance dans les cours de récré. « La médiation, c’est permettre à des enfants en conflit d’être rassemblés par un processus d’apaisement, conduit par d’autres enfants », explique encore Laurène Cassagne.

Discrétion et humilité

Car l’idée de cette formation, menée sur quatre jours, est bien de former des enseignants qui, ensuite, formeront des élèves volontaires médiateurs. « L’objectif, c’est la médiation par les pairs, assure Elsa Bouhadjadj, enseignante à l’école Frédérick-Louis Dorbrizt de Dumbéa. Dans ma classe de CM2, quand j’ai abordé le sujet, tous mes élèves étaient volontaires. Ils sont tous à fond, ils se sentent très responsables, ils ont envie de faire le bien autour d’eux et tout cela est très gratifiant pour eux ». Pour autant, les élèves médiateurs ne sont pas des super-héros : « Les maîtres-mots de la médiation, c’est discrétion et humilité, insiste Laurène Cassagne, car nous ne sommes jamais certain de réussir à désamorcer une situation conflictuelle ». D’autant que, rappelle la formatrice, « la médiation est un réel apprentissage. Pour résoudre un conflit, il faut un encadrement et des outils concrets ».

A l’échelle des écoles

La transmission se fait donc l’aide de jeux coopératifs, de jeux créatifs ou encore de réflexion, mais aussi via un travail sur le vocabulaire des émotions et du besoin. Pour Monique Millet, élue de la province Sud en charge de l’Education, cette formation est nécessaire : « Il faut agir en prévention, face à la violence verbale et physique que l’on retrouve trop souvent dans les écoles, confie-t-elle aux instituteurs. Tout le monde parle de délinquance, et je veux que l’on sache, que sur le terrain, les enseignants proposent des actions concrètes, en douceur », souligne l’élue.

Et surtout, une fois la formation des enseignants terminée, chacun ne retourne pas dans sa classe, tout seul. « Ce sont des projets pour toute l’école, souligne Martine Corre, conseillère aux actions éducatives à la DES. Il faut qu’il y ait une véritable dynamique de l’équipe enseignante et que le projet soit porté par les directeurs ». En tout, sept écoles élémentaires publiques participent à cette formation pilote de médiation, l’objectif affiché étant d’étendre le dispositif à d’autres établissements rapidement. Prochaine étape : début juillet, avec la présentation d’un spectacle destiné à 4 000 élèves de primaire de la province avec pour objet… la médiation !

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